le patois était sa seule langue - patois variante du ch timi officiel



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Ce soir-là, vers dix heures, il s’était relevé. Il : mon père. Très jeune, j’ai peut-être dit « papa. » Sûrement pas. Dans ma mémoire aucun souvenir, ni même qu’il me l’ait demandé. C’était IL. Il avait arraché la prise de la télévision en passant, était descendu à la cave, remonté avec deux bouteilles de vin rouge, vidées « dans l’autre pièce », vidées de manière classique : verre après verre, avec juste la pause nécessaire pour le remplir.
Ce fut comme s’il retournait se coucher ; la télévision, je l’avais rebranchée, un film avec Louis de Funès et Yves Montand, mais la prise vola de nouveau ; pas même le temps de le maudire qu’il avait sorti la serpe de sous sa chemise, et la table en chêne subissait un énième outrage. Tout en baragouinant il regagna la cuisine ; nous l’avions entendu ouvrir sous fusil, y charger trois cartouches. Quelques secondes plus tard, nous avions compris : « le premier qui fait un pas en haut, il va voir ce que c’est qu’un coup de fusil dans la gueule et si j’entends encore cette télé, je redescends vous zigouiller. »
Je traduis : le patois était sa seule langue dans ces cas-là. Le patois de là-bas, une variante du ch’timi officiel.



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